
Au cœur de notre lutte pour limiter l’expansion du Covid-19, les questions se posent déjà sur « le jour d’après » qui « ne sera pas un retour au jour d’avant », selon les propos du président Emmanuel Macron le 16 mars 2020. La Fédération Protestante de France a fait parvenir le 21 avril au Président de la République un plaidoyer en faveur d’une transformation écologique, solidaire et démocratique.
Et nous, protestants, que souhaitons-nous pour ce « jour d’après », lorsque la pandémie du Covid-19 aura été maîtrisée ?
Voici la question qui a animé le groupe plaidoyer de la commission écologie et justice climatique de la Fédération Protestante de France (FPF). Composé de représentants de diverses unions d’églises et œuvres protestantes, dont Michée France, le groupe a consulté plusieurs penseurs protestants sur le sujet. Dès le début l’objectif était de rédiger un courrier de plaidoyer à destination du président de la République.
Après plusieurs heures de travail en téléconférence dû au confinement, le plaidoyer de la FPF en faveur d’une transformation écologique, solidaire et démocratique a éclos.
Dans un premier temps, sont présentés les aspects du « jour d’avant » qu’il serait souhaitable de ne pas reproduire : « les illusions de l’invulnérabilité, de la puissance et de la maîtrise » ; la prévalence d’« une vision des sociétés et d’une économie hors-sol, déconnectées des autres espèces, du climat, sans considération de la finitude des ressources » et « l’individualisme (qui) a trop souvent primé sur la solidarité ».
Le texte lance un appel à « un profond changement civilisationnel, spirituel et éthique » avant de dessiner les contours d’un « jour d ‘après » qui se veut accessible à condition de « hausser l’agir à son juste niveau » tant en politique nationale qu’internationale. Les recommandations énoncées touchent essentiellement les domaines de la santé, de l’écologie, du social, des finances, de l’économie, du climat, de la biodiversité, de l’Europe et de la solidarité internationale. L’auteur initial étant la « commission écologie et justice climatique », les requêtes chiffrées concernent la réduction d’émissions carbone – d’au moins 55 % d’ici à 2030 selon la révision de l’Accord de Paris en 2020 – et l’investissement public pour le climat – d’au moins 7 milliards d’euros annuels selon l’étude du Institute for Climate Economics.
Le plaidoyer de la FPF en faveur d’une transformation écologique, solidaire et démocratique a été remis au président de la République avant sa visioconférence avec les représentants des cultes et d’associations laïques le mardi 21 avril de 17h à 19h40.
Lors de la visioconférence, le président de la FPF, François Clavairoly, s’est assuré qu’Emmanuel Macron en avait fait la lecture. Le président Macron l’a confirmé et a affirmé qu’il en tiendrait compte et que l’engagement de la France resterait le même.
Certains se demanderont : pourquoi les protestants font-ils entendre leur voix au sein de la multitude de projets post Covid-19 ?
La Bible présente de nombreux prophètes, même dans le Nouveau Testament, qui ne craignaient pas de reprendre les autorités de leur époque pour les encourager à suivre le chemin de la justice, de l’intégrité et de la compassion.
Par ailleurs, les commentaires associés à l’article du Figaro où est publié l’intégralité du courrier adressé par la FPF au président de la République témoignent d’une vraie méconnaissance du protestantisme en général et en France, en particulier. Si les protestants ne manifestent pas leur intérêt pour le bien commun, quel message transmettent-ils ou omettent-ils de transmettre ?
Laisser un commentaire